JACQUES HALBERT

Plasticien

"Cherry je t'aime"
Du vendredi 16 au samedi 31 mars
Le Dôme (Galerie Loire) - Saumur
Horaire : Du mardi au samedi et le dimanche 25 de 14h à 18h
Entrée libre
JACQUES HALBERT
© Jacques Halbert
Exposition

Le 20ème siècle a vu la formation d’une pensée de la répétition dans des domaines comme l’esthétique et la psychanalyse. La créatrice, pour le philosophe Heidegger, est la répétition du retour aux origines pour puiser aux racines, les sources même de la fécondité. Comme s’il fallait sans cesse se reconquérir, se rappeler à soi-même, construire, déconstruire, se répéter, revenir, toujours à son origine perdue.
S’il y a une origine perdue chez Jacques Halbert, c’est celle de l’irruption incongrue et presque autant mystérieuse de la cerise dans son oeuvre. Il a seulement 19 ans, fréquente la section peinture des Beaux-arts de Bourges où il y rencontre l’artiste Daniel Dezeuze, qui y est enseignant.
Fin 1974, un architecte lui propose de réaliser une peinture sur une palissade de plus de soixante dix mètres de long dans l’espace public. Jacques Halbert décide de peindre une cerise par planche et en alignement sur fond bleu clair. L’artiste ne s’explique pas sur ce choix. Qu’importe, les mystères sont autorisés. Cette première réalisation le presse aussitôt à une deuxième mais sur une grande toile souple. Le motif est multiplié sur la palissade, il est  solitaire sur la toile, la technique est publicitaire par les aplats de couleur formant les cerises et le fond bleu. Les premières cerises sont surdimensionnées, elles seront rapidement peintes à taille réelle. Dès lors, l’artiste engage ce qu’il compare « à une véritable folie, peindre des cerises partout, tout le temps, et ne penser qu’à ça ».
Cindy Daguenet situe l’oeuvre de Jacques Halbert singulièrement entre la culture populaire et les avant gardes conceptuelles qui ont depuis les années 70 profondément redéfini le paysage artistique. Son travail rappelle certains mouvements radicaux qui ont repoussé la peinture dans ses limites les plus extrêmes mais à la différence de ceux ci elle passe par un motif purement figuratif qui véhicule sa touche d’humour. De même cette oeuvre se fait l’expression d’une posture visant à relier l’art et la vie, attitude qui permet à Jacques Halbert d’être accepté par les artistes Fluxus.
À la fin des années 70, Jacques Halbert part vivre à New York et trouve sa famille artistique au sein du mouvement « Eat Art », courant qui sous l’impulsion de Daniel Spoerri, met à l’honneur le repas au coeur de la création.
Ce créateur atypique proche de l’artiste CoBrA Asger Jorn et particulièrement influencé par Andy Warhol est une référence de l’art contemporain conceptuel. Il sera un des premiers artistes programmé en ce domaine au sein des galeries du Dôme, en amitié avec le Château de Montsoreau, établissement dédié en priorité à Art Language.

Exposition
JACQUES HALBERT
© Jacques Halbert
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